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Petanque-souvenir-2013-00051.jpg
de gauche à droite: Jacques Balagué, Christian Estrade"dit cancan", Jean Louis Lougarre, Bernard Sarradet, Daniel Sarradet, Michel Vélasco

S'il existe dans le Comminges un petit village ou les habitants ont le sens de ce que veut dire « moi je suis né ici » c'est bien à Arbas, superbe nid de verdure niché au pied du massif pyrénéen.
Au IV e siècle, Saint Jérôme est le premier à l'évoquer en disant " qu'une peuplade sauvage a vécu longtemps dans les forêts et qu'il reste encore au pied des montagnes un village bâti et peuplé par elle qui s'appelle Arbas", et ceci explique peut-être cela.
Pour cette anecdote je laisse à Saint Jérôme la responsabilité de ses évocations, pour simplement vous dire que nous avons toujours été chaleureusement accueillis à Arbas.

Le fait est que de mon temps quand nous nous rendions à Arbas, soit pour disputer le "concours officiel" comme on disait à l'époque, ou pire le lundi du premier dimanche d'aout "le concours de la fête locale", nous savions par avance que gagner à Arbas n'était pas une chose facile, car il y avait dans ce club très réputé à l'époque, une kyrielle de très bons joueurs qui en fait étaient issus d'une dynastie de pétanqueurs rassemblés en familles ( la famille Marin, Lougarre, Arcangeli, Pradère, Estrade, Galiano, Bataille et d'autres encore).

Je me souviens aussi que derrière le graphique se tenait l'imperturbable Abbé Soupène, genre de Don Camillo local très impliqué dans la vie associative de sa commune, qui tenait et menait tous ses jeunes joueurs d'une main ferme en leur inculquant et la chose était aisée à Arbas, l'esprit de clocher (sans jeux de mots).
L'abbé Soupène était aussi un joueur de pétanque acharné: je le vois encore montrant du pied le chemin du bouchon à son partenaire et si par malheur la boule était « trop longue » ce même pied suivait la boule et il lançait son légendaire « trigot trigot » en français dans le texte « arrête toi arrête toi ».

Une petite anecdote sur Monsieur le Curé, en ces temps reculés « et oui les jeunes, les coupes n'étaient pas définitives » et à Arbas plus qu'ailleurs, dans les années 70/80 je tenais le café des sports à Saint-Martory et invariablement tous les ans j'avais la visite de l'abbé qui passait soit pour récupérer la coupe gagnée par notre club la saison passée soit pour m'en chiner une pour "le repêchage" et après s'être désaltéré d'une boisson anisée ce personnage attachant regagnait sa paroisse le devoir accompli.

Bon assez de bla bla revenons à la photo, de gauche à droite :

Jacques Balagué le pointeur, pour plaisanter à l'époque nous l'avions surnommé le « challenge » tant sa posture dans le rond ressemblait aux célèbres trophées en bronze patiné de l'époque, il était un pointeur efficace surtout à "l'envoi" et aussi appliqué et aussi consciencieux que dans son métier de menuisier à Urau.

Christian Estrade « dit cancan » fait parti du nombre restreint des joueurs que j'ai personnellement retenu, il fait tout simplement parti des « grands » ce gaillard solide aux allures de mousquetaire m'a toujours étonné, il se dégageait de ce garçon en même temps une étrange nonchalance et une maîtrise parfaite de la concentration et du geste , les genoux fléchis, son bras qui se déployait en une sorte de moulinet compliqué qui était compensé dans l'équilibre par son bras gauche tendu à l'horizontale et celui là les enfants il en a poussé des boules; Ne parlons pas de sa correction et de sa gentillesse elles sont légendaires. Je lui envoie un petit coucou fraternel en même temps qu'une pensée pour « Mathieu » avec lequel il aimait jouer.

Jean Louis Lougarre lui c'était le milieu de l'équipe aussi doué au tir qu'au point il était un redoutable compétiteur un tantinet impertinent.

Bernard et Daniel Sarradet fils et père le premier à l'époque avait un avenir prometteur et je ne sais pas s'il continue à jouer, quand à son père Daniel il reste un pointeur appliqué très agréable à rencontrer, avec lui on est sur de passer un vrai moment de pétanque fair-play, il est aussi le fils de Madame Sarradet qui fut ma maitresse d'école dans le primaire à Mancioux.

Michel Vélasco lui aussi faisait partie des très bons joueurs Commingeois, on le trouvait le plus souvent à la place de milieu et quand il s'équipait avec Jacques et « cancan » la triplette n'était pas facile à battre. Il se dégageait de ce joueur une élégance naturelle, sa jambe droite légèrement en avant son geste simple et précis ce tir tendu avec un léger coup de poignet en fin de course était très efficace, il nous à quitté hélas un peu trop tôt.

Je ne voudrais pas parler d'Arbas sans oublier mon ami Toulousain qui à la retraite c'est retiré au village et qui a bien trouvé sa place ainsi que son épouse au milieu de ces irréductibles défenseurs des traditions pyrénéennes, l'ours y compris, cet ami c'est Jeannot Pinto dans ma jeunesse quand je descendais à Toulouse pour jouer aux boules, sa position figée dans le rond et son coup de bras qui semblait ordinaire amenait naturellement à penser « celui là il n'est pas dangereux » et au fur à mesure des mènes pensant y aller près et bien non lui il était toujours devant « bizarre non? » et en plus quand on le rencontrait pour la première fois il paraissait au premier abord pas très sympathique avec son léger sourire ironique qui semblait vous défier en permanence, il faut que je vous l'avoue maintenant il m'impressionnait et malgré tout cela, celui que les autres appelaient «  le chauffeur de taxi » s'est révélé par la suite être un ami fidèle que j'ai toujours plaisir à rencontrer.

Voilà amis lecteurs sur cette évocation de cette saga Arbasienne ma nouvelle histoire de « pétanque souvenir » s'achève et je vous dis à la semaine prochaine.
Dupeyron guy «  dit mimile »
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Tag(s) : #Portraits

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