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Lu sur le site de Petanqueducnaute>link

un interview du président du CD 31 Michel Le Bot

CONGRES 2010     Avec Michel LE BOT, PetanquEducNaute lance une série d'interviews qui nous conduira, de Présidents de Comités en Présidents de Ligues, jusqu'au Président de la FFPJP. Nous interviewerons également des personnes d'expérience, qui ont eu, ou qui ont encore un rôle important dans la pétanque chez les jeunes.

 

M. LE BOT, vous êtes le premier Président de Comité Départemental à vous prêter au jeu des questions – réponses de PetanquEducNaute. La Haute-Garonne est un des départements qui pèse le plus lourd en nombre de licenciés au sein de la FFPJP,  nous vous remercions de nous accorder cette interview.

 

PetanquEducNaute : Vous présidez le Comité Départemental qui a le plus gros effectif jeunes, plus de 900 en 2010. Avec un nombre total de licenciés quasiment égal à celui des Bouches du Rhône (près de 14000), votre effectif jeunes est deux fois plus important. Petit bémol malgré tout, en pourcentage, avec 6.67% du total des licenciés, votre effectif jeunes se situe dans la moyenne nationale. Comment expliquez-vous ces différents chiffres ?


Michel LE BOT : C’est vrai que depuis bientôt 3 ans, la Haute-Garonne malgré une baisse sensible de ses licenciés demeure le premier département de France en nombre. Mais au-delà de ce constat, somme toute anecdotique, la réalité des chiffres fait apparaître des éléments qui doivent alimenter notre réflexion sur l’avenir de la Pétanque et du Jeu Provençal. Tout d’abord, une pyramide des âges où les 60 ans et + représentent plus de la moitié des licenciés et comme vous l’avez souligné à l’autre bout des jeunes qui ne représentent que 6 à 7 % des licenciés. Historiquement durant de nombreuses années, la marotte de nos prédécesseurs fut d'accroître le nombre de licenciés afin que ce nombre soit synonyme de force représentative, en particulier face aux décideurs institutionnels. Mais, licenciés ne voulaient pas dire automatiquement pratiquants. Et au fil du temps, au gré des différentes réformes, des règles plus contraignantes ou imposées par le statut de sport de haut-niveau, les licenciés sont devenus plus nombreux que les joueurs. Et cette mutation a été peu anticipée. Et pour ce qui concerne les jeunes, qui bien souvent étaient les enfants des licenciés, nous n’avons pas su nous éloigner de notre image (véhiculée par des représentations), pour proposer aux jeunes, dont les parents ne pratiquaient pas, une politique attractive. Si bien que progressivement, les licenciés vieillissants, les jeunes devenant adultes,  de nouveaux jeunes ne sont pas venus compenser les départs. L’arrivée d’autres sports plus médiatiques, plus attractifs, la place prépondérante des sports collectifs dans les représentations sociales et une image désuète de la Pétanque font que nos effectifs jeunes ont fondu. Si vous ajoutez à cela le fait que certains jeunes prennent encore la licence pour faire plaisir à leurs parents (de moins en moins nombreux je vous l’accorde) et vous avez les éléments qui font que nous avons, même chez les jeunes, des licenciés mais pas forcément des joueurs assidus.

 

PetanquEducNaute : Pouvez-vous nous présenter la politique jeunes du Comité de Haute-Garonne ?

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Michel LE BOT : Pour présenter la politique du Département en direction des jeunes, il faut faire un peu d’histoire. Il y a un peu plus de 15 ans, des éducateurs Haut-Garonnais (Messieurs BRAILLE, ARREAU, COSTES et TONINATO entres autres) avaient eu l’idée d’imaginer un projet ambitieux et novateur pour les jeunes. Le monde de la Pétanque étant pour le moins conservateur et traditionaliste, leur voix avait du mal à se faire entendre (déjà à l’époque ils préconisaient que les jeunes soient accompagnés par leurs éducateurs dans les compétitions majeures), ils se heurtaient au carcan des habitudes (un membre élu du Comité était systématiquement le délégué des équipes qualifiées au France). Séduit par ce projet, je me suis associé à eux afin qu’ensemble nous parvenions à forcer le destin. Lors des différentes présentations en Comité Directeur (c’était lors de mon premier mandat), je me suis aperçu que si nous voulions faire évoluer les choses, il fallait y aller progressivement. Et c’est comme cela que nous avons réformé (et je dois dire que mes prédécesseurs ont joué le jeu, même si ce fut dur et même si cela heurtait parfois leur sensibilité, et leurs habitudes) dans un premier temps les modes de qualification pour les championnats de Ligue et de France (compétitions en 4 parties sur plusieurs tours et en des lieux différents, championnat départemental se jouant sur plusieurs tours en poules…), puis introduit la présence des éducateurs d’abord sur les phases qualificatives puis sur les différents championnats, développé et aidé à l’émergence et la structuration d’écoles de Pétanque, et enfin créé en 2009, l’Equipe Technique Départementale et AVENIR 31 (à noter que dans le projet initial ces deux entités y figuraient déjà). Ce qui veut dire que je n’ai rien inventé, j’ai simplement favorisé l’émergence d’une dynamique qui me paraissait cohérente et porteuse de sens. 15 ans de travail, de réflexion, pour faire admettre que la Pétanque et le Jeu Provençal sont des sports et comme tels, nous nous devons de construire les filières qui, de l’école de Pétanque jusqu’à AVENIR 31, favorisent la pratique, la détection, l’émergence de talents et la construction d’un avenir sportif. Pour tout vous dire, le rôle d’un élu est d’avoir des idées ou de savoir les prendre à son compte, d’aider à leur structuration en s’appuyant sur des savoirs faire, de l’expérience et de l’expertise afin de définir une ligne directrice.   

  

PetanquEducNaute : Pensez-vous avoir une politique jeunes agressive et pourquoi ?


Michel LE BOT : Que ce soit en matière de politique en direction des jeunes ou de tout autre public, je ne pense pas que le mot agressif soit approprié. J’aurai formulé plutôt la question sous cette forme : Pensez-vous avoir une politique sportive en direction des jeunes, et pourquoi ?

Je crois que les choix en matière de politique sportive doivent être partagés et non imposés. Ils s’imposent à nous, en ce sens que les jeunes sont une donnée incontournable de notre pérennisation et de notre développement. Si nous n’avons plus de jeunes pour remplacer les seniors ou vétérans vieillissant, nous nous scléroserons, et au final nous nous fossiliserons. C’est le principal écueil qui nous guette. Et donc, nous avons choisi de faire et de convaincre que les choix faits par le Comité Directeur sont bons pour notre avenir.

J’ai souvent l’habitude de dire : « il y a un problème causons » et du dialogue, de la causerie naissent des « y a qu’à » et des « faut qu’on », en les mettant sur la table et en construisant des espaces favorisant le « jeu » et l’expérimentation, on trouve toujours des terrains d’entente. Le dirigeant doit toujours avoir en tête l’idée du faire, il faut faire pour avoir quelque chose à travailler. Le rôle d’un président est d’avoir une réflexion prospective et de faire des propositions qui ont vocation à être étudiées par les différentes composantes de notre discipline dans les champs qui les concernent, puis de décider avec son Comité Directeur des priorités à mettre en oeuvre. En ce sens, nous avons une politique en direction des jeunes, mise en œuvre sur le terrain, réfléchie par la commission « jeunes », validée par le CD. Réflexion inspirée par les orientations fédérales mais pas seulement, car à l’épreuve de la réalité, ces orientations ne s’avèrent pas toujours judicieuses (dernier exemple en date le Championnat des Clubs «jeunes», benjamins-minimes et cadets-juniors…).


PetanquEducNaute : Lorsque nous employons le mot agressif, c'est dans le sens volontariste. Il y a ceux qui ont la volonté de mettre des actions en place; d'écoute, de "causer", et de construire, et puis il y a ceux qui n'ont pas mené votre réflexion et votre analyse, et pour qui, passez-nous l'expression, les jeunes sont plus un "boulet" qu'autre chose.

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Michel LE BOT : J’avais très bien compris l’acception du mot “politique agressive”, mais j’avais à cœur de montrer que ce n’est plus de volontarisme ou d’agressivité qu’il s’agit. Mais qu’une politique en direction des jeunes est une nécessité, presque une question de survie pour notre discipline à moyen terme. La volonté ne suffit pas, il nous faut faire, mais pas n’importe quoi et pas n’importe comment. 

 

PetanquEducNaute : Vous parliez d'orientations pas toujours judicieuses, et notamment du nouveau championnat des clubs Minimes-Benjamins, pouvez-vous développer ?

 

 

Michel LE BOT :  Puisqu'il s’agit d’un Championnat des clubs avec la formule que vous connaissez, comment peut-on envisager de faire jouer de jeunes benjamins contre des minimes dernière année, ou des cadets première année contre des juniors dernière année (le règlement ne dit pas le nombre de cadets ou juniors, de minimes ou benjamins par équipe et donc on peut se retrouver avec des équipes homogènes en terme de catégorie). Hormis s’ils sont exceptionnels, les plus jeunes resteront sur la touche car  il s’agit d’un championnat. S’il s’agissait d’un espace découverte tous les panachages pourraient avoir un sens, mais dès lors qu’il s’agit d’une compétition, l’objectif de tous les clubs est de la gagner. Comment envisager dès lors que l’on se mette en difficulté en ne sélectionnant pas ses meilleurs éléments. Par ailleurs, comment faire jouer en tête à tête un benjamin quand on connaît la complexité des tâches à effectuer (concentration, mesure, prise de risque au point ou au tir (c’est-à-dire choisir entre plusieurs options...), etc... Je crois que j’aurai du mal à trouver un bon point à cette formule, même si je l’applique en Haute-Garonne, car tel est le règlement.  

Je crois que l’on a choisi là, la voie qui peut mettre en difficulté beaucoup de gamins, de frustrer et de désespérer les plus téméraires. Quand aux écoles de Pétanque, elle se trouve coincer entre faire un résultat et faire jouer les jeunes dans de bonnes conditions. Ne soyons pas naïfs et ne faisons pas semblant de croire que lorsque nous composons une équipe avec 2 benjamins de 7 et 8 ans et 2 minimes de 12 ans nous aurons en face la même chose mais compte tenu des enjeux et des mentalités la probabilité de croiser la route de 4 minimes de 13 ans est des plus fortes. Revenons à un peu de bon sens et faisons jouer les jeunes par catégorie d’âge avec des pratiques de jeu adaptées à leur morphologie et leur capacité psycho-motrice.  


PetanquEducNaute : Quelles ont été les actions marquantes menées sous votre présidence par le Comité, en faveur des jeunes ?

 

 

Michel LE BOT : 

  •  La création de l’Equipe Technique Départementale et d’ « AVENIR 31» (pool de 18 jeunes et espoirs) qui a vocation à accompagner, former…, des jeunes détectés au sein des écoles de Pétanque en leur proposant des week-ends de rassemblement qui visent à leur apporter des compléments de formation et d’information, les accompagner à l’occasion de Nationaux ou Régionaux « jeunes » auxquels nous les inscrivons afin de densifier leur expérience. L’E.T.D a en charge l’organisation des sélections, le suivi des éducateurs et la formation des initiateurs.
  •  La création en partenariat avec la Dépêche du Midi, Erréa, CIC et Winner Trophées Sport d’un Challenge dédié aux jeunes. Ce Challenge intègre les compétitions jeunes du Département et à l’issue de ces dernières un classement est établi sur la base de points attribués lors de chaque compétition. En fin d’année, une remise de récompense est effectuée dans les salons de la Dépêche du midi et les 3 lauréats se voient remettre des bons d’achat (100 € par récipiendaire) et des trophées (à noter qu’à cette occasion les vétérans, seniors masculins et féminins qui ont le même Challenge sont aussi récompensés).
  • La remise lors du Congrès Départemental d’une dotation spécifique sous forme de bons d’achat à valoir chez notre équipementier pour 8 écoles de Pétanque (200€ par école). Les lauréats sont proposés au Comité Directeur par les responsables de secteur sur la base de leur investissement auprès des jeunes.

 

  • La refonte de la délégation « jeunes » lors des championnats de Ligue et France, aujourd’hui toutes nos équipes qualifiées à la Ligue (18) et France (6) sont coachées par un éducateur, chaque catégorie (3) est supervisée par un membre du CD et l’ensemble de la délégation est chapeautée par un membre du CD représentant le Président et à même de prendre toutes les décisions requises.
  • La mise en place de convention dans des collèges.
  • La mise en place de maillots spécifiques et une invitation tous frais payés par le CD à un National « jeunes » pour tous nos champions départementaux (à noter que cette mesure est valable pour toutes les autres catégories à Pétanque comme au Jeu Provençal), ceci ayant vocation rendre attractif le titre de champion, à le valoriser et à confronter nos jeunes à une adversité plus intense.

 

 

PetanquEducNaute : Quel budget consacrez-vous à l’activité jeunes ? Quel pourcentage du budget total du Comité cela  représente-t-il ?

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Michel LE BOT : En 2010 le CD 31 a consacré, si l’on considère toutes les dépenses afférentes aux jeunes (habillement, dotations, ETD, AVENIR 31, déplacements jeunes et éducateurs…), près de 35 000 euros, soit un peu plus de 10 % du budget annuel pour 6.6% de licenciés jeunes.

 

PetanquEducNaute : Les jeunes de Haute-Garonne obtiennent des titres, sont présents dans les sélections. Quel est le secret de cette réussite ?


Michel LE BOT : Il n'y a ni secret, ni miracle.  Nous avons eu la chance que, sous la houlette d'un éducateur, Alain AZEMA, trois jeunes cadets décrochent le titre de Champion de France. Cette éclosion, soutenue par le travail et l'investissement en direction des jeunes du Club de Fonsorbes, puis aujourd'hui de ST Alban, permet à d'autres jeunes de s'identifier, et à d'autres clubs de se projeter dans cette aventure qu'est la réussite des jeunes. Le travail et l'investissement conjugué des dirigeants (clubs et comité), des éducateurs et des jeunes portent aujourd'hui ses fruits (deux titres de Champions de Ligue 2011 -minimes et juniors, une place de vice champion cadets). L'attractivité de certains clubs, éventuellement l'impact de notre politique, attire des jeunes et des espoirs (masculin et féminin) dans notre département, nos écoles et nos sélections. Mais ne nous leurrons pas, notre travail ou notre réussite est toujours tributaire du « talent » de ces jeunes pousses. Il faut savoir rester humble et sans cesse remettre l'ouvrage sur le métier, car seule la graine entretenue par un jardinier passionné et consciencieux connaît un développement harmonieux et au long cours. Comme disait un sage : la carte n'est pas le territoire, elle n'en est que sa représentation et nous pourrions  prolonger cet adage par : le résultat n'est pas le travail il n'est que l'illustration éphémère, la satisfaction passagère qui permet de toucher un bénéfice immédiat et d'aller encore plus loin, encore plus haut. 


PetanquEducNaute : Le Comité Départemental est également actif auprès de collèges par le biais des conventions UNSS. Comment et quand avez-vous commencé à travailler avec les collèges ?


Michel LE BOT : Par le biais d'éducateurs qui avaient déjà entrepris ici ou là de travailler avec des écoles, des C.L.A.E ou des collèges, mais aussi par le biais de la Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale qui,  connaissant notre dynamique (grâce au C.N.D.S et diverses rencontres), m'a proposé de travailler avec un Collège sur Toulouse. Après quelques rencontres de calage, de confrontation des idées et des valeurs, nous avons décidé de signer une convention pour une action se déroulant sur toute l'année scolaire 2010-2011. Ce projet, nous l'avons voulu comme faisant partie intégrante du projet pédagogique des classes concernées. Cette action se déroule une fois par semaine entre midi et deux heures avec 16 gamins encadrés par des éducateurs BF1/BF2 mis à disposition par le CD 31 (membres de l'E.T.D). Certes, la Pétanque y est initiée mais elle permet : un travail sur la mixité sociale, les apprentissages de base, la citoyenneté et le respect des règles. Et nous avons en prévision un travail en commun avec les lycées, collèges et CLAE d’une autre ville de l’agglomération Toulousaine.


PetanquEducNaute : Quels enseignements tirez-vous de ces actions ?


Michel LE BOT : Qu'avec un peu d'ambition, de savoir-faire, la Pétanque est un sacré vecteur de développement et de communication.


PetanquEducNaute : Quel est l’impact sur le nombre de licenciés jeunes ?


Michel LE BOT : Je ne sais pas s'il faut regarder la chose sous cet angle, en tous les cas ce n'est pas mon moteur premier. Ce qui m'importe avant tout, c'est que les gens regardent ma discipline autrement, qu'ils se disent : « je n'imaginais pas que la Pétanque pouvais servir à  l'éducation des enfants » ou « je ne pensais pas que la Pétanque était un sport et que cela pouvait s'apprendre ».

Il en va de la même logique quand, avec le centre social des seniors à Toulouse nous mettons en place un projet visant à associer la Pétanque et le Taï Chi Chuan pour que des personnes âgées, atteintes de troubles ou de pathologies liées au vieillissement, retrouvent des sensations perdues ou enfouies.

Idem quand je présente aux élus locaux nos clubs de Pétanque comme étant des lieux de mixité, de brassage des cultures, de lutte contre les exclusions et d'éducation populaire.

Le Sport a une utilité sociale et la Pétanque et le Jeu Provençal ont une place privilégiée dans cet ensemble. A nous de la défendre, de proposer des projets alternatifs afin de montrer et démontrer notre raison d'être, et peut-être qu'au bout du bout nous gagnerons en crédibilité, les gens nous regarderons autrement et alors ils deviendront ou redeviendront des licenciés et des pratiquants.   

 

PetanquEducNaute : Vous semblez plus ou moins pionnier en la matière, beaucoup de départements n’en sont encore qu’à envisager l’idée. Accepteriez-vous pour PetanquEducNaute,  d’alimenter notre « boite à outils » en réalisant un dossier sur la marche à suivre pour la mise en place des conventions UNSS ?

Nous sommes sûrs que cela intéresserait beaucoup d’éducateurs et d’élus, et serait très profitable à la pétanque.


Michel LE BOT : Je vous ai dit plus haut qu'il fallait savoir rester humble. Car il existe un peu partout des initiatives de groupe ou individuelles (en PACA sous l'impulsion de Mme COSTES, en Bretagne à LAMBALLE avec mon ami S. LEGUEN et je pourrais en citer bien d'autres surtout en Midi Pyrénées... La liste est longue). A 55 ans je ne suis pas un pionnier, j'ai acquis une certaine expérience, je m'inspire de mes rencontres et expériences (professionnelles et sportives), des discussions avec des gens intéressants, pleins d'idées et je me suis forgé une philosophie : parler, agir la Pétanque et le Jeu Provençal autrement, éviter les caricatures et pourfendre les représentations. J'aime trop ce sport (comme bien d'autres),  et les gens qui le pratiquent pour le galvauder. Bien entendu si notre expérience peut en aider d'autres, je suis prêt à alimenter une boite à idées.


PetanquEducNaute : Il y a un certain malaise chez les éducateurs, lié notamment aux politiques menées par des Comités Départementaux. Comme vous avez pu le lire dans un de nos articles, certains d’entre eux, en verrouillant leurs règlements intérieurs, empêchent les éducateurs non élus qui encadrent les jeunes toutes l’année, de les accompagner au championnat de France.  Qu'avez-vous à dire à ces Comités ?

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Michel LE BOT : Mon grand père avait l'habitude de me dire : « chacun à sa place et le bateau ira droit ».  Chacun poursuit ou pas un dessein et entreprend de mener ou pas une politique au sein de son département. Il ne m'appartient pas de dire où se situe la bonne méthode et les bonnes orientations. Ce que je peux dire c'est qu'en Haute-Garonne nous avons fait le choix de confier les jeunes présents au Département, à la Ligue ou au France aux éducateurs qui les suivent tout au long de la saison ou de les faire encadrer par des éducateurs quand les enfants n'ont pas d'éducateurs attitrés. Mais un bon éducateur ne fait pas forcément un bon coach (et vice versa) et le fait d'être élu ne fait pas de nous des puits de sciences ou des parangons de la technique.

Cependant, je reste attentif à ce que les objectifs poursuivis ne se transforment en obsession, car il n'y a pour moi aucune obligation de résultat. Seul donner le meilleur de soi, sortir avec le sentiment du « travail » bien fait et la tête haute, fier de soi et respectueux de l'autre, voilà ce que j'attends de mes joueurs et ce, quels qu'ils soient, et merci à eux si le résultat arrive (et il n'arrive jamais tout seul en claquant les doigts, par hasard, sans travail).    


PetanquEducNaute : Selon vous que manque-t-il à la pétanque pour être élevée au rang de véritable sport et ne plus être considéré comme un loisir ?


Michel LE BOT : Pour moi la Pétanque pratiquée dans le cadre d'une compétition quelle qu'elle soit (en tous cas aujourd'hui, dans le contexte réglementaire que nous connaissons) et de quelque niveau que se soit, est un Sport. La Pétanque redevient loisir quand elle se joue entre amis, sans contrainte, sur la place publique, au sein du Club ou dans ma cour.

Ce qui fait d'elle un sport, n'est pour moi, ni le prix de la licence, ni l'esprit dans lequel on la pratique, mais simplement le contexte dans lequel on évolue. Il est des compétitions qui n'ont de compétitions que le nom et qui retirent à la Pétanque la possibilité ou la perspective de tendre vers l'essence même du Sport.

C'est pour cela que je suis favorable à une réflexion sur la notion même de manifestation Sportive relative à la pratique du Sport Pétanque. Toutes nos manifestations dominicales ou autres ont-elles vocation à être étiquetées Compétitions Sportives ?

Quels sont les près requis nécessaires, les conditions d'exercice incontournables pour obtenir l'appellation compétitions Sportives ?

Il est inconcevable que des incivilités aient droit de citer sur un terrain de sport, il est anormal que la sécurité des biens et des personnes ne soient pas assurés durant une compétition sportive.

La Pétanque sera un sport le jour où nous pourrons évoluer sereinement et équitablement.


PetanquEducNaute : Les jeunes connaissent relativement bien la  pétanque et son environnement chez les seniors. Que pensez-vous de l’image offerte aux jeunes par les concours seniors, argent, vente d’alcool, le partage et les parties finales qui ne se jouent plus ?


Michel LE BOT : Je crois que mes propos ci-dessus vous donnent un aperçu du fond de ma pensée. Je pense que certains joueurs ne se rendent pas compte du mal qu'ils font à leur Sport. Beaucoup pensent que c'est une minorité belliqueuse ou incivile qui nuit à notre image. En fait c'est beaucoup plus complexe car tout le monde par son laxisme ou laisser faire contribue à cet état de fait et chacun a des arguments à faire valoir pour se défendre ou se justifier de son attitude à l'égard de notre discipline sportive.

Le partage et les parties qui ne se jouent plus, tirent la Pétanque vers le bas. Plus besoin de se battre, de se transcender pour gagner car le verdict est connu d'avance par des petits arrangements entre « amis ». Comment envisager dès lors de bien figurer lorsque l'adversité se fait plus forte et que l'on n’a jamais connu la pression ou la peur de perdre ? Certains pour se défendre évoqueront l'intimidation ou les menaces dont ils font l'objet, d'autres le désir de finir plus tôt quand les compétitions s'éternisent, cela nous renvoient à nos modes d'organisation et notre capacité à protéger nos joueurs, au rôle des arbitres, dirigeants et organisateurs.

L'argent : il soutend le partage, il provoque des comportements aberrants, en un mot il gangrène, quand il n'est pas régulé dans nos compétitions. Je ne suis pas contre les dotations monétaires, je suis contre le rôle que certains lui attribuent. Certes la crise économique est là, avec son lot de précarité et peut-on en vouloir à qui veut mettre du « beurre dans les épinards ». Sommes nous obligés d'accepter les comportements de voyous ? La précarité peut-elle tout excuser ? A mon sens, non, mais je crois aussi que toutes nos compétitions n'ont pas vocation à être doté financièrement, là encore les dirigeants et les organisateurs ont un rôle à jouer afin d'expliquer que ce n'est pas à la Pétanque que l'on gagne sa vie et si l'on peut en gagner un peu cela ne justifie en aucun cas les débordements que nous connaissons parfois.

L'alcool : on connaît l'effet de l'alcool sur les organismes, sur les comportements quand il est absorbé en quantité inconsidérée. Il a un effet dévastateur sur les jeunes et c'est aujourd'hui, au même titre que l'usage des stupéfiants, un problème de santé publique et de lutte contre les tricheries. Je ne prône pas l'abstinence, mais un terrain de sport est-il le lieu le plus approprié pour boire ou consommer de l'alcool ? Je suis un fervent défenseur de la troisième mi-temps à condition qu'elle ne se situe pas entre les mènes ou entre chaque partie. Ceci étant je suis conscient que le manque à gagner généré par l'absence de vente d'alcool (encore que cela reste à démontrer en toute circonstance) est difficile à gérer.

Ne peut-on prendre le problème en amont d'une compétition et penser que le budget doit être équilibré avant son commencement. Que la finalité serait de ne pas perdre d'argent avant de penser à en gagner. Les ressources ne pouvant résulter que de la seule buvette. Facile à dire et donc piste à creuser au cas pas cas.

La concomitance de ces deux facteurs, ajouté au partage, sont des circonstances potentiellement génératrices de problème. Il faut en avoir conscience car ils nuisent gravement à notre image et contribuent à la désaffection de nos compétitions et n'incitent pas les parents non pratiquants à nous confier leurs enfants quand ils appréhendent un peu notre milieu.   


PetanquEducNaute : Un certain nombre d’éducateurs ont l’impression d’être des Don Quichotte luttant contre une pétanque qui ne veut pas se débarrasser de ses vieux démons. Pourtant, ils sont la pierre angulaire de tout le système, ils inculquent les principes et les valeurs sportives aux jeunes. Lorsque ces derniers arrivent en seniors, toutes ces belles valeurs disparaissent. Ils se retrouvent souvent dans la pétanque de l’intimidation, de la tricherie, de l’argent, de l’alcool et parfois de la violence.

Que diriez-vous à ces éducateurs qui se demandent s’ils doivent ou non continuer à s’investir auprès des jeunes puisque la réalité se situe parfois à l’opposé de leur travail d’éducateur ?

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Michel LE BOT : Véhiculer une autre image de la Pétanque et du Jeu Provençal, parler de notre discipline autrement, avoir conscience que nous avons une obligation de représentation, même si cela va à contre courant des habitudes, est résolument notre devoir, si nous voulons que notre Sport vive et se développe . Un million de fois sur le métier tu remettras l'ouvrage, n'attends rien des autres, attelles-toi à suivre ton chemin, tes convictions sans te soucier du « qu'en dira-t-on » ou des sourires en coin. Et n'oubliez jamais que tous ces gens qui vivent, parlent, mangent et dorment Pétanque n'ont qu'un seul rêve être aux jeux olympiques. Et ce n'est pas une minorité (connue) qui doit nous empêcher d'atteindre ce rêve. Des dizaines de milliers de concours ont lieu chaque année  et tous ne sont pas de mauvais exemples, regardons ceux là ils font partie des trains qui arrivent à l'heure et dont on ne parle jamais. Pour le reste donnons-nous les moyens d'y remédier en travaillant à la restructuration de nos compétitions sportives (contenant et contenu) et à la mise en œuvre de moyens adaptés.     

 

PetanquEducNaute : Que pensez-vous de l’arrivée de PetanquEducNaute dans le « monde » de la pétanque ?


Tout lieu de dialogue et d'échange est le bienvenu. Faire bouger les archaïsmes et les lignes, contribuer à la réflexion est une bonne chose (comme l'est BOULISTENAUTE par exemple), mais attention un lieu d'expression ne veut pas dire que l'on peut dire tout et n'importe quoi, n'importe comment, et donc la fonction de médiateur est primordiale. Personne ne détenant la vérité, la pensée doit être structurée, les informations diffusées vérifiées et authentifiées, un vrai travail journalistique pour asseoir une crédibilité. Personne ne doit ou ne peut se contenter de l'à peu près.


PetanquEducNaute : Que peut apporter PetanquEducNaute à la pétanque ?


Comme je l'ai dit ci-dessus, contribuer à structurer les idées, faire connaître les actions et être une source d'informations pour la Fédération pour autant, je le redis, que l'on dépasse les discussions du « café du commerce ».


PetanquEducNaute : L’arrivée d’Alain JUILLA à la tête de PetanquEducNaute vous a-t-elle surpris, et pourquoi ?


Michel LE BOT : Non pas vraiment, je connais bien Alain et je sais sa capacité à s'investir pleinement dans tout ce qu'il entreprend. Cela lui joue parfois des tours car étant un gros travailleur, il peut parfois s'éparpiller. Mais, c'est un homme de convictions, un fervent défenseur de notre discipline, un militant de la cause des jeunes et à ce titre et au regard du travail effectué dans notre Comité (tant en qualité d'arbitre que d'éducateur), il mérite le respect et il a toute mon amitié.


PetanquEducNaute : Quand PetanquEducNaute prend position pour l’incorporation de la 18ème année dans la catégorie juniors, êtes-vous d’accord et pourquoi ?


Michel LE BOT : Je pense à l'instar du foot ou d'autres collectifs qu'il est important de revoir les catégories de jeunes (comme au foot par exemple) : si notre discipline est un sport avec ce que cela suppose de travail, d'exigences, de sacrifices, l'entrée dans la compétition ne doit pas s'envisager trop tôt. Qu'il y ait avant un certain âge une pratique adaptée OK, ludique OK, mais de grâce laissons la place au rêve et à la découverte, le principe de réalité lié à compétition (concept de la défaite nécessaire à la structuration de l'esprit sportif : vieille résurgence d'une pratique judéo-chrétienne où il faut souffrir pour savoir ce que vivre veut dire !!!) viendra plus tard. Et avec cette perspective, une extension jusqu'à 18 ans pourquoi pas.


PetanquEducNaute : PetanquEducNaute a récemment pointé certains dysfonctionnements, et  d’une manière générale se bat pour une pétanque « propre » pour les jeunes. Quelle est votre position ?


Michel LE BOT : Il est extrêmement important que les jeunes soient protégés des dérives auxquelles nous assistons dans les catégories seniors. Et tout ce qui peut y concourir, ne peut être que bénéfique. Alors évitons les engagements payants, la vente d'alcool lors de compétitions, les propos injurieux ou les querelles entre adultes (éducateurs ou parents) pour un litige. Nous adultes, nous sommes les garants d'un cadre, d'un code de bonne conduite et chaque fois que nous dérogeons à cette règle, c'est le mauvais exemple que nous donnons.


PetanquEducNaute : En tant que Président de Comité Départemental, comment avez-vous réagi aux récents évènements survenus au championnat de Ligue Midi-Pyrénées à la Primaube ?


Michel LE BOT : Surprise.... Est le mot qui me vient à l'esprit. Tout le monde connaissait le règlement, mais aussi ceux qui avaient eu vent de cette affaire connaissent mon numéro de téléphone (voire mon courriel) ou celui d'A. GARCES, et il eût été tellement simple de nous alerter, je crois que nous sommes suffisamment disponibles et à l'écoute. Il ne sert à rien de jeter après coup l'anathème sur telle ou telle personne ou de chercher des boucs émissaires.   


PetanquEducNaute : Selon vous quelle devrait être la suite donnée à cette affaire ?


Michel LE BOT : Quelqu'un a dit un jour : « que celui qui n'a jamais fauté, lui jettes la première pierre », nous sommes tous des bénévoles et des êtres humains et donc par définition faillibles. Personne ne peut se réjouir et ne se réjouit de ce qui s'est passé, qu'il y ait de la rancœur, de l'amertume, un sentiment d'injustice je peux le concevoir mais il faut savoir raison garder et aller de l'avant. Il ne servirait à rien de ressasser le passé ou de refaire l'histoire, ce qui n'a pas été ou a été mal fait doit nous permettre d'en tirer les conséquences afin que cela ne se reproduise plus.

Pour le reste, nous en reparlerons certainement à l'occasion de la prochaine réunion de la Ligue MP. Mais je ne suis jamais partisan de tirer sur les ambulances.   


PetanquEducNaute : Selon nos sources, vous projetez d’être candidat aux prochaines élections fédérales, le confirmez-vous ?


Michel LE BOT :  Oui, je l'ai annoncé à mon Comité Directeur et j'en ai fait par à notre Président. Et avant de me décider j'ai pris l'attache des personnes qui me sont les plus proches : ma famille. Depuis que je suis dirigeant ou élu municipal, j'ai toujours sollicité leur avis compte tenu des sacrifices que cela impose. C’est une démarche individuelle avant tout qui a des incidences sur l'entourage immédiat, et si l'on veut agir en toute sérénité, il est important d'avoir leur assentiment. Et si je suis candidat, c'est avec des idées, un projet pour défendre des convictions et apporter ma contribution à l’accompagnement des réformes qui ne peuvent se faire au détriment des joueurs, des clubs, de la Pétanque et du Jeu Provençal.

 

PetanquEducNaute : Dans le cas où vous seriez élu, quelles sont les mesures en faveur des jeunes que vous mettriez en place en priorité ?


Michel LE BOT :  Il est difficile de segmenter une pensée et je ne pense jamais jeunes ou vieux, je pense Pétanque et comment adapter une idée aux différentes composantes de notre Discipline. Une qui me tient particulièrement à cœur, ne s'adresse pas simplement aux jeunes, elle a une incidence sur les Clubs, les écoles et tout joueur qui se respecte. Je vais essayer de vous l'expliquer brièvement et si ça inspire quelqu'un tant mieux.

La FFPJP met en jeu chaque année différents titres de Champions et à la fin d'un championnat les meilleurs revêtent un maillot. Qu'en advient-il ? A quelle occasion revoit-on les champions en titre vêtus de leur tunique ? Éventuellement, l'année suivante quand ils défendent leur titre, pour autant qu'ils jouent toujours ensemble. Mon idée est de revaloriser ce maillot en offrant, en lieu et place des habituels « cadeaux », une prise en charge permettant à tous nos champions de France (des jeunes aux seniors) de participer à des nationaux, des internationaux voire même aux masters dans des conditions à définir. Ceci aurait l'avantage d'aider les organisateurs à se constituer un plateau et mettre en exergue les Champions de France. Car il n'est pas concevable de demander à des clubs ou des écoles de s'investir dans la formation ou le recrutement de joueurs de haut-niveau ou de bon niveau afin de faire briller leurs couleurs ou celles de leur ville et de ne pas contribuer à la mise en valeur de ces titres hautement symboliques et que tout joueur rêve un jour de tutoyer. Je crois que ce simple geste permet de montrer à tout le monde l'attachement, l'importance et la considération que l'on porte  à un maillot et à un parcours sportif.

C'est peut-être naïf ce que je viens de dire, mais j'ai la réputation d'avoir les pieds sur terre, nous avons expérimenté cette idée en Haute-Garonne et nous la maintenons depuis 3 ans, les joueurs en sont satisfaits et ils nous représentent avec fierté. Etre Champion de la Haute-Garonne est un titre prisé que dire, alors, d'un titre de Champion de FRANCE. Les joueurs et les clubs sont les acteurs de notre discipline, ils se doivent d'être mis sur le devant de la scène.

Pour ce qui concerne plus spécifiquement les jeunes, il est important que les notions d'éducateurs, de coachs soient précisées et que leur rôle soit reconnu. Que leur compétition soit structurée, afin que dès leur plus jeune âge, ils s'aperçoivent que nous, adultes et dirigeants, nous avons de la considération pour notre discipline et leur pratique en particulier. L'élaboration d'un cahier des charges Fédéral définissant les grandes lignes du contenu de ces manifestations « jeunes » me semble incontournable et devra faire l'objet d'un large consensus.

      

PetanquEducNaute : Parlons un peu du prix des licences pour les jeunes. Des Comités Départementaux la vendent 5€, d’autres 15€, des clubs font même la licence gratuite aux jeunes. Dans des grands sports collectifs, comme le football par exemple, la licence avoisine les 120 à 160€. Ne trouvez-vous pas que la pétanque se dé-crédibilise elle-même en pratiquant des tarifs aussi bas, et que cela renforce le fait qu’elle ne soit pas prise au sérieux comme sport ?


Michel LE BOT : Avant de parler d'une éventuelle augmentation de la licence, il faudrait se poser la question du : pourquoi faire ? Le prix d'une licence n'a pas le pouvoir de dé-crédibiliser une discipline sportive. Ce qui peut éventuellement nous desservir c'est ce que nous apportons ou pas à nos licenciés, à nos adhérents, nos joueurs dans nos clubs ou nos comités et plus encore l'image que nous donnons.

Quel est le projet sportif d'une structure, ses besoins financiers ou logistiques  et ensuite déterminer le juste prix à payer compte tenu des services proposés ou des projets. Avons-nous les moyens de nos ambitions, pouvons nous trouver les moyens pour parvenir à nos objectifs et sommes nous prêts à payer le juste prix pour les atteindre, voilà des questions pertinentes qui peuvent justifier une augmentation du prix d'une licence. Et enfin, l'évaluation de notre politique et la transparence sont des axes incontournables.

Aujourd'hui l'augmentation d'une licence se justifie plus par le besoin d'équilibrer un budget compte tenu des dépenses incompressibles et des obligations générées par une baisse récurrente des licenciés que le contenu ou la politique sportive proposé aux licenciés.


PetanquEducNaute : Dans d’autres sports, les jeunes se battent pour faire partie de l’équipe qui joue le dimanche, à la pétanque, à peine la moitié des licenciés participent aux compétitions. Où est le problème et comment y remédier ?


Michel LE BOT : Ce qui pose problème c'est l'attractivité de notre discipline, on ne se défonce, se sublime que pour quelque chose qui nous donne envie . Dès lors on doit se poser la question de la mobilisation au sein d'un club ou d'un Comité. Que fait-on pour que les gens aient envie... de faire plaisir aux dirigeants que nous sommes ou à notre discipline. Cela nous renvoie à nous même et à notre capacité à mobiliser nos troupes. Pourquoi, certains clubs marchent et d'autres pas ? Pourquoi certaines écoles de Pétanque fonctionnent et d'autres balbutient ? Cela tient souvent au charisme d'un homme ou d'une femme capable de soulever des montagnes et pour le ou laquelle on donnerait tout. Cette personne là a le devoir de partager, de modéliser son mode d'action afin de ne pas cultiver le culte de la personnalité et d'une présence éternelle. Savoir transmettre, expliquer, se détacher est un don qui permet la transmission du savoir et la pérennité de l'action. La solution est dans l'action partagée et solidaire et encore une fois dans le projet que l'on veut partager à court, moyen et long terme.


PetanquEducNaute : M. LE BOT, vos fils jouent à la pétanque en jeunes, comment vivent-ils les responsabilités que vous exercez ?


Michel LE BOT : Mes enfants connaissent mes convictions, ils me savent engager sur le plan social, politique et sportif. Nous en parlons souvent car les valeurs, que je défends, m'ont structuré. Servir une ambition légitime, un projet, donne un sens à une existence et permet de vivre le moment présent. Vivre dans la cité ou vivre tout simplement, c'est faire de la politique. Parler, échanger, causer, dialoguer permet de comprendre et d'appréhender l'autre dans sa complexité et sa différence. Mes enfants ne voient pas en moi un Président de Comité car, même si c'est important pour moi, ce n'est que de la Pétanque et, qu'il faut savoir relativiser au regard des enjeux et des aléas de la vie.

Mais au-delà de mes fonctions, ce qu'ils préfèrent c'est quand je suis là, que je joue avec eux ou que je contribue à leur entraînement. Et quand, ils se qualifient tous les trois dans la même équipe pour la Ligue, c'est avec un regard de papa poule que je les regarde.

VICE-CHAMPION-DE-SECTEUR-2011.jpgDe gauche à droite : Jean-Baptiste, Tristan et Corentin

qui évoluent en catégorie cadet


PetanquEducNaute : La Haute-Garonne, avec 4 licenciés, a été très active au sein de la délégation internationale qui est allée en Ukraine en Mai  2011. Pouvez-vous nous dire comment le Comité Départemental a été amené à être partie prenante dans ce projet ?


Michel LE BOT :  C'est une idée d'A. JUILLA et de TANIA son épouse, le Comité n'y est pour rien dans ce projet même si nous avons été amené à rencontrer il y a quelques mois de cela une délégation originaire de l'Ukraine. Par la suite, la FIPJP s'est saisie du dossier et à organiser un voyage en UKRAINE, auquel a participé Alain et une délégation emmenée par Claude AZEMA, afin de concourir à la structuration de la Fédération d’Ukraine. Mais Alain vous en parlera mieux que moi.   

  

PetanquEducNaute : Qu’est-ce qu’un tel projet apporte à la  Haute-Garonne ?


Michel LE BOT :  Pour le moment il ne s'agit pas de projet du moins à ma connaissance, il s'agit de la structuration d'une Fédération étrangère. Mais toute découverte de culture, de pays et de personnes est un plus auquel je suis ouvert si des échanges sont souhaités.

 

PetanquEducNaute : Que pensez-vous de l’initiative que nous avons lancée avec l’organisation du Grand prix des éducateurs ?


Michel LE BOT :  C'est une idée intéressante car elle permet de faire se rencontrer des hommes et des femmes ayant la même passion et les mêmes centres d'intérêt. Il n'y a que dans la connaissance et la reconnaissance mutuelle que se concrétisent des actions. Donc tout ce qui contribue à la rencontre et aux échanges n'est pas à écarter.

 

PetanquEducNaute : Si vous aviez un message à faire passer auprès des éducateurs, quel serait-il ?


Michel LE BOT :  Dans une société où l'individu se replie sur lui-même, où la peur de l'autre, différent, est sans cesse martelée, votre rôle est primordial. Nous n'avons pas vocation à former des jeteurs de fonte, mais des futurs adultes et des citoyens à part entière. Notre, votre responsabilité est importante car elle se situe au cœur de la transmission de valeurs, de savoirs faire et de savoirs être. Nous en sommes les garants et notre propre comportement plaide ou pas en notre faveur. Nos convictions fondent nos actions, elles doivent être partagées, validées et solidaires . Elles reposent sur la défense d'un Sport et de ses valeurs, mais aussi sur des principes intangibles et non négociables : la lutte contre la violence, contre les incivilités, le respect d'autrui, des  règles et de tous ceux qui sont chargés de les faire appliquer. La Pétanque et le Jeu Provençal permettent la rencontre avec d'autres, différents de nous, mais imprégnés de la même culture, de la même passion celle des petites boules rondes. Ce Sport permet de s'épanouir comme tous les Sports pratiqués avec plaisir, constance et abnégation. Mais il ne faut jamais perdre de vue que notre Discipline ne peut se dissocier d'un parcours scolaire ou d'un travail et alors seulement, notre Sport vous offrira simplement des joies et peines à nulles autres pareilles et contribuera à l'épanouissement de nos jeunes sportifs et licenciés.

 

 


 

 

CURRICULUM VITAE 

Michel Le Bot

Né le 24/08/1956 (55 ans)

à DOUARNENEZ, FINISTERE

Marié, 4 Garçons.

Profession : Infirmier

Spécialisation en Psychiatrie et sophrologie.

 

Licencié à la F.F.P.J.P depuis 1970.

Médaillé de Bronze, Argent et Or de la FFPJP

Médaillé de Bronze de la Jeunesse et des Sports.

 

PARCOURS BOULISTIQUE

En BRETAGNE

De 1970 à 1991 : Licencié et joueur en Bretagne (Pétanque Trébouliste, Pont l'Abbé et Pétanque Concarnoise).

Responsabilités occupées : Secrétaire de Club, Président de Secteur, Membre du CD 29 (Président de la Commission de Discipline).

 

En HAUTE GARONNE

-       de 1991 à 2000 :Secrétaire puis vice président du Club de Labarthe Rivière (aujourd'hui toujours licencié et joueur dans ce club depuis bientôt 20 ans).

CHAMP DEP JP 2010-pdt Championnat départemental de jeu provençal 2010


-       De 1993 à 2000 : membre du secteur Comminges.

-       2001 – 2008 : Président du Secteur du COMMINGES. Président du Comminges Sport Pétanque, structure destinée à la pratique et à la Promotion du Sport Pétanque à l'attention des jeunes, co initiateur de la Coupe de Noël des jeunes et co-organisateur du National Mixte de St Gaudens.

-       2001 – 2004 : Membre du CD 31,

-       2005 – 2008 : Président Délégué du CD 31 (Président de la Commission de Discipline et membre de la Ligue M.P).

-       2009 à … : Président du CD 31 et Président Délégué de la Ligue Midi-Pyrénées.

- Depuis 2009, membre élu du CDOS 31

 

Autres Sports pratiqués  auparavant :

-       basket

- Ai Ki Do 

Tag(s) : #Portraits

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