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Martres Tolosane - Challenge Coco Jourda 2016

DES PHOTOS ICI

 

84 doublettes Hommes et 30 Doublettes Féminines

Les portraits de Mimile
 
Bien sur quand j’ai décidé d’écrire sur les nombreux pétanqueurs que j’ai côtoyé et dressé le plus fidèlement possible leurs portraits c’est à « COCO » que j’ai pensé en premier. Hélas il m’était impossible d’aligner une ligne sans qu’immédiatement mon cœur se serre.
 
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Philippe, "COCO" et "mimile" aux trois jours de Saint Pierre.
 
Trois partenaires ont occupé des places privilégiées dans ma vie de pétanqueur   avec Patrick et Gérard , « COCO » en faisait partie, mais plus que ça avec lui je partageais plusieurs passions. En premier, celle du travail du bois, puis le chant et l’amour des belles voix, le billard, l’amour des chiens, la pêche, la faïence, la peinture, la sculpture, l’équipe de foot du Brésil et pleins d’autres encore.
Plusieurs fois par semaine je passais à l’atelier qu’il partageait avec son père le grand Simon ou plutôt « maître Simon » comme il aimait l’appeler. Simon  était un personnage haut en couleur, un de ces personnages qui aurait pu figurer dans un film de Pagnol sans que l’auteur ait à en rougir . Les anecdotes de ses aventures Martraises se comptent par dizaines, voici une des plus célèbres et des plus croustillantes : « COCO » venait de réaliser un ravissant petit buffet de style ancien et fier son travail il interpella son père dans ses termes « maître, je viens avec ce buffet d’inventer un nouveau style » et Simon de lui répliquer instantanément, avec en plus son accent inimitable « tu sais ce que tu viens de faire COCO tu viens d’assassiner Louis XIII et mettre un pied dans la tombe à LOUIS XIV, il ne ressemble à rien » il lui tourna le dos, tira une bouffée de son mégot en claquant la porte de l’atelier et  en lançant son sempiternel « Ha ! Ha ! C’est incroyable ».
Je vous dirais aussi qu’après la disparition de son père « COCO » n’a plus jamais été le même car grand était l’amour qui les unissait.
 
Dans ce monde ingrat et difficile, la pétanque n’est pas en reste et qui dit pétanque dit pétanqueurs et si l’on interroge objectivement son passé de bouliste il est des réflexions, des gestes, des attitudes que l’on regrette à coup sur, normal c’est la nature humaine me direz-vous et bizarrement quand les gens disparaissent nous leur trouvons toutes les qualités et bien là messieurs non ! « COCO » était l’exception qui confirmerait la règle et si un pétanqueur a eu un jour le moindre petit grief contre lui qu’il me le fasse savoir.  « COCO » était l’exemple même du « gentil garçon » toujours aimable, souriant, courtois, la pâte  des hommes, il a d’ailleurs laissé un souvenir qui encore aujourd’hui l’honore.
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 Souvent en passant devant cet atelier qui depuis a été transformé, « COCO » aurait été content de le voir revivre en bel atelier de fabrication de vitraux tenu par Julie Bonafous. Je  revois « COCO et SIMON » avec toujours un visiteur ou un ami, les, René, Jean, Jean-Pascal, Jean-Louis, Roberto, Sauveur, Philippe, Lionel, Patrick, Michel, Titou, Éric, André, Pierrot, Jacquot, Marcel, Daniel, Guy, Germain, et bien d’autres encore hantent encore les lieux et leurs rires , leurs éclats de voix se perdent dans la nuit des souvenirs.
 
« COCO » est né le 23 novembre 1958 à Saint-Gaudens, un dimanche matin: sans doute déjà une naissance prémonitoire pour ce garçon très croyant, il commencera très vite à s’intéresser à la pétanque, ses oncles du côté de Jeanine sa mère, Guy et Germain Caville sont déjà des joueurs chevronnés, mais c’est à côté de Philippe ARROUY son ami de toujours et de Louis ROUSSEL le « cheminot » que « COCO » fera ses premières armes. Je me souviens d’eux au concours de la « reine du sel » à Salies du Salat ou déjà l’on devinait en les voyant jouer se profiler de la graine de champion et bien plus tard c’est toujours en compagnie de Philippe que « COCO » obtiendra ses plus grands succès.
 
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En septembre 1978 « COCO et PHILIPPE » m’offriront une  ½ finale épique contre ZANON, ARREAU et BROCCA fils aux trois jours de ST-Pierre.
Mais c’est au fabuleux concours « La Marseillaise » que la qualité de leur jeu sera à la hauteur de leur talent, jugez plutôt : dans les années 1980 ¼ finale Philippe et Michel Dubois 1/8 finale Philippe et Pierrot Gales et enfin l’apogée en 1989 finaliste avec Philippe et Eric Pailhas avec une ½ finale d’un autre monde contre le grand joueur Marseillais Massoni: dernière mène seul Philippe  qui fait le pointeur a une boule il y a 9 mètres, la boule de Massoni  a le point et elle est collée à côté de celle d’Éric  et le score est de 12 à 11 en faveur des Marseillais , le public retient son souffle et surprise Philippe s’accroupit , il se cale dans le rond et tire en demi rafle! Vous avez bien saisi manqué perdu, tapé 12 à 12 carreau gagné, résultat ?, le billet pour la finale est dans la poche.
Leur parcours cette-année là a été exemplaire, mais c’est dans cette fameuse partie que nos trois amis ont élevé leur jeu à l’égal  des plus grands. L’année suivante avec la même équipe ils perdent  en ¼ de finale, qui dit mieux. Ensuite il y eut la victoire au tête à tête de Rivesaltes contre le champion de France François Gouges, le national de Bram avec Georges Baldacchino, au premier national de Roquefort en doublette avec Philippe ils réalisent un superbe doublé, et bien sûr de nombreuses autres victoires importantes, la liste serait trop longue.  "Coco" a eu des partenaires célèbres : Bails, Naudo, Gouges, Phalippot (je profite de cet hommage particulier à « COCO » pour envoyer mes remerciements et mes amitiés sincères à Alain il me comprendra), Dubois, Pailhas, Grispan, Lapeyre, Baldacchino, Monge, Cabartier, Fiocco, Gales, Limongi, et bien d’autres.

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« COCO » du haut de ses 1,85m n’avait aucune peine, ses longs bras et ses grandes mains étant bien sur un atout majeur, bien campé dans le rond, le buste très légèrement en avant, la tête bien droite, le bras balance et se déplie avec une extrême souplesse. Qui ne se rappelle pas de ce tir et de cette boule qui monte pour venir taper plein fer celle de l’adversaire! ses moyennes au cours d’une seule journée étaient  impressionnantes, je me souviens avoir passé des après-midi entières sans que « COCO » ne manquât une boule, et toujours avec la même simplicité en  étant même  à certains moments presque gêné de cette étonnante facilité. Il ne toisait jamais son adversaire, sa courtoisie et sa simplicité  étaient devenues légendaires.
 
« COCO » jouera au cours de sa vie de pétanqueur, dans seulement trois clubs, Palaminy, Martres-Tolosane et en dernier temps auprès de sa sœur Josiane et Bernard à Mauléon-Barousse.
 
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le père Boyer, Monseigneur Le Gall, et "COCO"
 
« COCO » nous a hélas quitté il ya juste quatre ans, il nous a laissés orphelins, d’abord ses proches, Joffrey son fils dont la taille et la silhouette (hormis les grands yeux bleus de sa maman Josiane) nous le rappelle tant,  Jeanine sa mère, Josiane sa sœur , Bernard son beau-frère, Guy et Germain ses oncles, Edith, mais aussi ses nombreux amis qui chaque année au cours du challenge du souvenir viennent de plus en plus nombreux, pour montrer qu’ils ne l’ont pas oublié. S’il y a une toute petite place au paradis je suis sur qu’il y est, aux côtés de Simon son père et de Guillaume son beau-père qui l’aimait aussi beaucoup, il y croisera à coup sur le docteur Monnier et le curé Gaïato car ce grand croyant est là-haut c’est sûr.
 
« COCO », c’est avec le cœur serré et les yeux pleins de larmes que je te salue et t’embrasse.
 
dupeyron_guy@yahoofr
DupeyronGuy « dit mimile »
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Tag(s) : #Portraits, #Canton de Cazères, #Comminges, #Haute-Garonne

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