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Carreau gagnant pour les Varois !

 

En haut de gauche à droite, les champions avec leur maillot tricolore. En bas, les malheureux finalistes (de gauche à droite) : Julien Bua, Sébastien Miraillès et Christophe Trembleau./ Photo DDM, Chantal Longo.

En haut de gauche à droite, les champions avec leur maillot tricolore. En bas, les malheureux finalistes (de gauche à droite) : Julien Bua, Sébastien Miraillès et Christophe Trembleau./ Photo DDM, Chantal Longo.

 

Un superbe carreau pour finir en apothéose, au bout de la fatigue, au bout du suspens, au bout de ce marathon de deux jours dans la fournaise du cours Foucault et des Albarères... Tout un symbole pour Romain Fournié, l'homme qui aura marqué ce championnat de France triplettes édition 2016.

Le Gersois licencié à Draguignan se souviendra toute sa vie de ce 4 septembre 2016. Avec ses deux compères, Ludovic Montoro et Michel Hatchadourian, il est passé par tous les états durant cette longue journée harassante. Une journée qui avait parfaitement commencé puisque les jeunes Varois avaient balayé leurs partenaires de club, favoris de l'épreuve, Robineau-Lacroix-Rocher, en huitième de finale.

à ce stade de la compétition, les supporters tarn-et-garonnais se prenaient d'ailleurs à rêver puisque le Montalbanais, Christian Lagarde, associé à Cortes et Da Cunha (Gourdon), faisait partie des quarts de finalistes. Malheureusement, les champions de Ligue devaient s'arrêter là, nettement dominés par une belle équipe de la Drome.

Montoro-Fournié-Hatchadourian, eux, poursuivaient le chemin qui les menait à la demi-finale face à Romuald Foucher, Nicolas Guillin, Damien Alix (Calvados). Et quand ils se sont retrouvés menés 10 à 0 à la quatrième mène, personne ne donnait cher de leurs chances dans l'enceinte des Albarèdes. Pourtant, les Varois inscrivaient deux points sur une mène en leur faveur et tout partait de là : 5-10 sur un «coup de bouchon» de Romain Fournié, puis 7-10 sur un autre joli coup à l'appoint de l'Auscitain, puis 8-10, 8-11, 9-11, 9-12 pour arriver à la mène de la vérité à 12 à 12. Sans trembler, les sociétaires de Draguignan prenaient finalement le dessus sur leurs rivaux sans n'avoir jamais mené à la marque. Une fabuleuse «remontada» qui leur ouvrait les portes de la finale.

Un final d'anthologie

Certainement mal remis de toutes ces émotions et touchés physiquement (lire ci-dessous), les Varois abordaient la finale de la plus mauvaise des façons, face la forte équipe du Loiret : Christophe Trembleau (champion de France en tête-à-tête et en doublette), Sébastien Miraillès et Julien Bua. Menés 5 à 0 d'entrée de jeu, les futurs vainqueurs réussissaient à endiguer l'hémorragie et, après une belle mène de 5 points, ils prenaient le score à leur compte : 9 à 5.

à ce moment, la qualité de jeu montait sérieusement de niveau. Les deux équipes se rendaient coup pour coup au point et au tir mais les Varois maintenaient le cap : 11 à 7 à la neuvième mène sur un nouvel exploit de Romain Fournié qui parvenait à décaler un devant de boule assassin de ses adversaires.

Les hommes du Loiret jetaient leurs dernières forces dans la bataille mais deux «bouchons» du pointeur, Ludovic Montoro, les mettaient en mauvaise posture. Toutes les boules se jouaient et Romain Fournié se retrouvait avec une boule en main pour «tirer au point». Concentré, il allait au rond avec la détermination des champions et son tir faisait mouche, un carreau en place qui assurait les deux points de la victoire à ces trois joueurs exceptionnels.

Le 71e championnat de France triplette avait rendu son verdict, ces vainqueurs pouvaient sauter de joie.

Un grand coup de chapeau à eux et aux 255 autres équipes qui ont assuré un superbe spectacle tout le long de ce week-end qui restera dans l'histoire de la pétanque tarn-et-garonnaise.


Laurent Rougier : «Fatigué mais heureux !»

Hier à l'issue de ces championnats de France, Laurent Rougier, président du comité de pétanque tarn-et-garonnais, était un homme heureux malgré la fatigue et les fausses notes indépendantes de sa volonté (1) : «Cette compétition était lourde à organiser, surtout sous une telle canicule. Je suis donc épuisé comme toute mon équipe de bénévoles mais très fier. Surtout de ces hommes et de ces femmes de mon comité qui ont été très efficaces tout le long du week-end. Je tiens à leur rendre hommage ! Pour ma part, la boucle est bouclée. Ces championnats de France sont l'aboutissement de 8 années de travail. Je suis heureux de finir ainsi mon mandat. Il est temps pour moi de prendre un peu de recul.»

1. Ces championnats étaient organisés sous l'égide de la Fédération française de pétanque et jeu provençal.


Toute puissante télévision...

On le sait, les chaînes de télévision ont désormais tous les pouvoirs dans l'organisation des compétitions sportives. On l'a encore constaté (et subi) lors des Jeux olympiques de Rio où les TV américaines ont fixé des horaires assez ubuesques aux finales d'athlétisme et de natation qui, pour certaines, se sont disputées à 23 heures (heure locale). Là, aucune contestation n'est pourtant permise puisque NBC a débousé près de 7 milliards de dollars pour satisfaire ses exigences.

Le problème devient beaucoup moins acceptable quand une chaîne de TV se permet d'agir sur le déroulement d'une épreuve sans s'acquitter de la moindre royaltie. C'est exactement ce qui est arrivé hier, lors de ce championnat de France de pétanque.

«L'équipe 21», qui couvrait l'événement, mandatée par la Fédération française de pétanque, a en effet décidé (exigé ?) de faire disputer les demi-finales l'une après l'autre en début d'après-midi. Du jamais vu dans ce championnat historique. Les deux demies et la finale se sont ainsi jouées sur l'unique terrain F, sur un côté du carré d'honneur des Albarèdes.

Résultat : tout une aile des tribunes a assisté de loin à ces trois parties, en étant gênée par l'imposante «girafe» de la chaîne qui obstruait une partie de la vue. D'ailleurs à l'heure de la finale, un bon tiers du public avait déserté les tribunes alors que bon nombre de ces spectateurs s'étaient acquittés du droit d'entrée sur le site (10 euros).

On peut aussi se poser quelques questions sur l'équité sportive que ce décalage a certaine faussé. Les premiers demi-finalistes qualifiés ont en effet bénéficié de deux bonnes heures de récupération alors que les deuxièmes ont dû attaquer la finale sans avoir le temps de souffler. Le mauvais départ des Varois en est la preuve même si Romain Fournié, Ludovic Montoro et Michel Hathchadourian se sont bien ressaisis par la suite.

Enfin, l'organisation en elle-même a été complètement chamboulée. Le jet du but de la finale a été effectué vers 18 h 30 alors qu'en amont, il était prévu à 16 h 30. Quant au parachutiste qui devait amener du ciel, le «bouchon» de la finale, il n'a jamais pu se poser sur le matelas prévu à cet effet dans le carré d'honneur. Avec ces deux heures de retard dans le programme, l'avion qui devait larguer le soldat du 17e RGP a dû rebrousser chemin, les horaires de navigation qui lui étaient alloués étant dépassés.

Une finale de championnat de France triplettes qui se termine à la tombée de la nuit, on n'avait jamais vu cela de mémoire de pétanqueur. L'équipe de bénévoles du comité départemental qui s'est donnée corps et âme durant ces deux jours, méritait vraiment beaucoup mieux.

Surtout quand on sait que «L'équipe 21» ne retransmettra ce championnat de France qu'en différé durant la semaine!

Jean-Marc Barrère

Tag(s) : #Championnats de Ligue et France, #Tarn et Garonne

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