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Lionel Cabartier par Mimile Dupeyron

Lionel Cabartier.

 

Amis lecteurs, à la suite de mes chroniques passées, bourse auto de Saint-Gaudens, restauration d’un véhicule Peugeot D2A de 1953, les escargots de Jeannot et les « Mounaques de Boussan », je reviens à mes premières amours la pétanque.

Chez les Cabartier ce jeu est une grande histoire de famille, les joueurs de la soixantaine et plus se souviennent sans doute du père, Gilbert Cabartier qui en compagnie d’un certain Agard et Nava, participait très souvent aux phases finales dans les concours régionaux. Je me souviens de cet homme droit dans le rond, rouquin, le front dégarni, chez lui l’élégance dans le jeu et son élégance vestimentaire ne faisaient qu’un. C’était un joueur rigoureux et si vous aviez le malheur de lui manquer de respect il vous le faisait comprendre sans aucun ménagement, à cette époque l’honnêteté et la droiture étaient de mise, c’était une autre époque que beaucoup de gens de mon âge regrette, ça c’était avant.

Ensuite Jean Cabartier « dit Yoyo » qui fit au côté de son frère Lionel une brève apparition sur les terrains, lui préférant le Football et aussi sa passion de la chasse et des chiens (setters Irlandais), néanmoins je me souviens d’un garçon courtois et très adroit.

Mais la pièce maitresse de cette famille c’est bien sûr Lionel, il suffisait dans un concours de voir apparaitre ce petit rouquin au pas décidé pour qu’il monte en vous une certaine inquiétude, sachant que de le battre n’était pas une mince affaire.

Dans le fameux club de Palaminy c’était l’un des « chouchous » du président André Fauré, il faut dire qu’avec « Coco Jourda », Michel Dubois, Jean-Pierre Barbero, Louis Auditeau,  le club possédait cinq tireurs de premier ordre. Pour Lionel le terme de canonnier lui siérait mieux, ce garçon avait une force de frappe hors du commun, il excellait à ce poste avec une grande régularité. Bien sûr pour se rendre bien compte de l’efficacité d’un joueur il faut avoir joué avec lui et de ce fait pouvoir le juger tout au long du concours, j’ai eu cette chance trois fois et à chaque fois ce fut assez extraordinaire, l’on avait à ses côtés un vrai, un pur tireur. Sur trois concours joués avec lui deux avec à chaque fois une anecdote croustillante, si vous le croisez demandez lui qu’il vous raconte une certaine empreinte dans une plaque de terre et un rétroviseur qui monte au-dessus d’un platane.

Je ne l’ai jamais vu au cours de sa brillante carrière de tireur refuser le tir, bien au contraire, il partait au rond d’un pas décidé et ça ne trainait pas à peine dans le rond, le dos légèrement cassé, son avant-bras légèrement tourné vers l’extérieur marquait la pose l’espace d’un très court instant et c’était parti, tir tendu et rageur une fin de main enroulée et neuf fois sur dix en pleine boule et quand je dis en pleine boule le terme est pesé, c’était du plein fer de chez plein fer, de plus avec lui pas de distance aussi à l’aise à six qu’à dix (enfin avec une préférence un peu loin).Une chose pourtant le déroutait, il ne supportait pas les tireurs de rafle. Vous pouviez passer toute une partie (contrairement à votre serviteur) sans l’entendre murmurer un seul mot et sa façon plus qu’énergique d’aller rejoindre le rond en a impressionné plus d’un. À mon avis l’un des meilleurs fusils qu’ait eu le département de la Haute-Garonne.

Il est assez difficile de comptabiliser les victoires que Lionel a obtenues tout au long de sa carrière dans les différents concours régionaux, c’est facile il était pratiquement toujours au bout.

Les joueurs qu’il a préférés bien sûr Éric Pailhas, Yves Grispan (dit Titou) Dédé Canut. L’autre jour quand je l’ai vu en train de regarder une partie lors d’un concours à Cazères il m’a confié que son seul regret c’est de ne pas être assez sorti hors du département et de ne pas s’être confronté aux grands joueurs de l’époque.

La vie n’a pas été très tendre avec lui et ça a été et c’est un garçon courageux, et même si Lionel ne se livre que très rarement il reste un vrai gentil sans détour et surtout très sensible. Avec le temps j’ai un peu appris à le connaitre et chaque fois que je le rencontre c’est avec un vif plaisir et je pense modestement que l’instant est partagé.

Dernièrement il a eu des ennuis de santé et même avec ces ennuis-là il pousse encore ses boules du moins autant que certains qui se proclament tireurs.

Lionel je te souhaite une retraite heureuse pour toi et toute ta famille sans oublier « Coco »

Guy Dupeyron dit Mimile

Lionel Cabartier par Mimile Dupeyron
Tag(s) : #Portraits

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